16.11.12
La muse
7.11.12
Mon précieux
En effet, en ancien français, l’appartenance pouvait être exprimée de trois façons :
- En cas de Dieu ou de Souverain on utilisait la juxtaposition : la Chaise-Dieu, Marly-le-Roi
- Pour les nobles, on se servait de la préposition « de ».
- Enfin pour le peuple (qui a dit gueux ?) et les animaux, on utilisait « à » (prép.)
18.3.11
Flageolet
En allemand : Flageolett
Je sens que la genèse de cette article vous titille.
C'est que, si je ne suis pas encore prête à parler de l'Australie, je peux enfin donner un retour d'expérience de Berlin.
Imaginez mon étonnement, teinté d'indignation, quand, à l'orchestre, on me demande de jouer un flageolet (ein Flageolett bitte). J'avoue que la première chose qui me soit passée par l'esprit est "tire mon doigt". Le monde comme un village s'occupe toujours de nous divertir et de nous procurer de grands moments (de solitude), j'aurais dû le garder à l'esprit. Toujours est-il que ce qui était demandé était une harmonique. Pour les non-initiés, il s'agit d'une note jouée en effleurant la corde avec un doigt de la main gauche au lieu de le presser complètement. Ce qui permet de faire ressortir les harmoniques donc, qui sont les sons coexistant au son principal. Je ne m'étendrai pas dessus, l'important ici est de savoir que ce son produit ressemble à celui d'une flûte traversière (ça n'engage que moi mais ça m'aide dans ma démonstration).
Et c'est là que ça devient intéressant. Pourquoi un flageolet? Revenons à la base voulez-vous?
En ancien français "flageol" signifie la flûte et découle directement du latin "flabra", le "souffle". C'est la que la méconnaissance de la langue française ainsi que le purisme allemand me frappent un grand coup : le terme flageolet désigne une famille de flûtes à conduit... oui ces ignoble flûtes à bec qu'on avait au collège par exemple.
La vraie question à laquelle je propose de ne pas répondre pour ne pas incommoder les voisins, c'est comment on en est arrivé à nommer un haricot sec de cette façon.
30.3.10
Voilà pour le changement de dimension temporelle.
Dans le même temps, il nous a fallu affronter le changement de dimension spatiale.
La problématique se définit comme suit: la gauche australienne, c'est la droite européenne (à l'exclusion de quelques régions qui résistent encore et toujours...)
Mettons nous en situation : Je sors de l'auberge. Pour aller au Coles (le super U local), je dois traverser la rue. Je regarde à gauche, donc à droite, puis à droite, donc à gauche et c'est parti. J'ai oublié le paramètre "feu rouge" et manque passer sous un bus qui vient de la droite, de la gauche?
Je monte les escaliers (la montée des marches vers la pitance) et croise un heureux consommateur chargé de sacs de victuailles. Je m'efface poliment à droite... nous voilà coincés dans l'escalier. Un pas sur la gauche et l'ascension reprend.
Je rentre dans le Coles, prend mon panier à gauche, me dirige gaillardement à droite pour rentrer dans les rayons proprement dit. Rien là. L'entrée est.... Les rayons s'étalent de la gauche vers la droite, c'est quand même pas compliqué. La corvée achevée, je survis à un autre bus, je commence à avoir le mal de mer. Direction les toilettes... Enfin un havre de paix. Juste le mur, la cuvette et moi. Je commence à reprendre mes esprits. Tire la chasse... erreur fatale, le tourbillon inverse au fond de la cuvette me donne le coup de grâce, je vais me coucher, il est 4h de l'après midi.
Passons à la dimension humaine.
Il se trouve qu'ici, en Australie, il n'y a pas d'Australien. Seulement des allemands, des danois, des norvégiens, suédois, sud africains, québécois, canadiens, allemands, français, italiens, mexicains, espagnols, irlandais, anglais, écossais, hollandais, allemands, américains, français, coréens, allemands, français...
Vous avez l'impression que je me répète? Moi aussi :)
Il y a tellement d'Allemands ici que pour les six prochains mois, l'ambassade ne leur délivre plus de visas.
Quant aux Français... on en oublierait presque où on est parfois. Le plus dur ici est de rencontrer des Australiens. Façon de parler, car ils sont à l'image de leur pays, très accueillants et ouverts à la discussion, encore faut il les comprendre... Il faut reconnaître qu'il est plus facile d'avoir une discussion en anglais avec une personne d'une autre nationalite car les australiens ont un accent tres fort et mangent leurs mots, quand ils n'en ont pas des totalement differents de l'anglais "de base".
Un petit exemple?
Aussie : (prononcer ozzie) : australien
G'day : bonjour
Heaps : beaucoup "I earn heaps of money (on peut bien rever)"
Mate : pote, ami
No worries : pas ed proble;e "no worries mate!" (c'est bon vous vous fondez deja dans le paysage)
Down under : Australie et Nouvelle Zelande
Vedgies : Vegetables : legumes
VB : Victoria Bitters : marque de biere fabriquee dans l'eat de Victoria (et accessoirement notre preferee)
Enfin, et ca veut dire que c'est la fin de l'article, il nous a fallu nous confronter a la faune et la flore des alentours. La flore est sympa, des palmiers, des trucs avec des boules rouges, des arbres avec des troncs bizarres, des choses avec des longs fils qui pendent... tres exotique, on se sent tout de suite a l'autre bout du monde.
La faune est parfois moins engageante. Certes, il y a les ibis. Comme toutes touristes respectables, on a commence par les photographier sous toutes les coutures, avant de se rendre compte qu'ils ne sont ni plus ni moins que l'equivalent des pigeons europeens.
On a vu des kangourous (ils sont meme en liberte a l'universite de la sunshine coast ou nous sommes alle voir Julie, vous ne la connaissez pas mais je vous en parle quand meme), les koalas au koala sanctuary.... faut pas s'y fier, ce sont des etres rageurs et violents. On nous a encore vendu un mythe avec les petites peluces vivantes...
En fait, on a vu toutes sortes d'animaux au koala sanctuary, on pourrait limite rentrer en Europe. Mais on va essayer de nous y frotter en liberte, ca pimentera la chose. Les prochains qu'on devrait voirm ce sont les dingos, des especes de grands chiens pas completement sympas, quand nous irons a Fraser Island.
Mais c'est une autre histoire, je la raconterai quand elle se sera passee.
See ya!
Oui je sais, la fin est un peu abrupte, en meme temps, 4 mois apres notre arrivee, j'ai du mal a ecrire comme si j'etais encore etonnee... (A ma decharge, ca fait plus de 2 mois que je n'avais pas internet). Voila, et comme ca je vous devoile un peu que les choses s'arrangent dans les prochains episodes, avant de se reaggraver.
31.1.10
5... 4... 3... 2....1...
Merci, messieurs, l'année 2009 c'était très bien ! C'était très bien ! [applaudissements]
Vous, c'était bien, là-bas, M. Obama. Vous, M. Sarkozi c'était... comme-ci, comme-ça.
Dites-moi, vous, à gauche on ne vous a pas entendus. On ne vous entend jamais ! Vous n'arrêtez pas de bavarder ! Faites attention, faites très attention, hein!
Ecoutez, j'ai une conception personnelle de l'ouvrage. Ce n'est pas assez triomphal, pas assez orgueilleux ! De l'orgueil, bon sang ! La crise! Enfin ! Gnignignigni... C'est de la bouillie, tout ça ! C'était pas mauvais, c'était très mauvais, voilà ! Exactement ! Alors, reprenons. 2010. Hop ! Allons.
Le millésime 2009 n'a pas été très propice à ce blog. La conjoncture probablement. Mais ça va changer. (Non ce n'est pas une bonne résolution de joyeuse nouvelle année. Parce que si c'est ça, ça marche pas, c'est bien connu)
Une nouvelle problématique s'offre à moi et je compte vous en faire part au fur et à mesure.
Elle se déclinera comme suit:
L'Australie c'est à l'autre bout de la Terre, c'est quoi le premier bout?
On peut jouer 29h à cache cache dans un avion?
Y a un truc de grand-mère pour vaincre le mal de mer, et à défaut, peut on inverser la rotation de l'eau au fond des toilettes?
Doit on s'inquiéter de la présence de kangourous roux? (c'est un peu redondant ça)
Est ce que les cheveux poussent plus vite la tête en bas? Et, question angoissante, peuvent ils pousser à l'intérieur à force de Foster?
Last but not least (faut que je m'y mette un peu), l'anglais ça marche vraiment avec une patate chaude dans la bouche? avec de la Vegemite?
En conclusion, je laisse la parole à Barney Stinson : It's gonna be legend....
30.12.08
boule de neige

C'est la saison.
Vous connaissez l'effet boule de neige bien sûr. Boule de neige qui roule amasse plein de flouze et s'écrase joyeusement sur le sapin. (C'est là que ça sent le sapin justement)
Je parle d'un cercle (vicieux...) évolutif faisant référence à une boule de neige roulant sur une pente couverte de neige : la boule va grossir de plus en plus et de plus en plus vite tout au long de son parcours.
Ce phénomène peut être le moteur de comportements grégaires.
Par exemple, si une personne dans la rue se met brusquement à courir en hurlant de terreur. Il est possible que 2, 3 personnes en fassent autant. Alors il est encore plus probable qu'une dizaine d'autres personnes se mettent elles-aussi à courir et, voyant cela, les autres personnes de la rue adopteront probablement le même comportement. (Je me demande si c'est pas comme ça qu'on fait tourner la Terre?) La probabilité d'adoption du même comportement est d'autant plus forte que le nombre de personnes l'ayant déjà adopté est grand.
La peur est un bon moteur.
Cela dit, la joie aussi. Essayez un jour d'éclater de rire dans le métro. (Spéciale dédicace aux membres du groupe Facebook "je me tape souvent des fous rires tout(e) seul(e) en repensant à un truc")
Quelles que soient leurs motivations ("héhé!" "oh mon pov' garçon!") les personnes autour de vous vont au moins esquisser un sourire, et, au sortir de la rame, leur bonne humeur va se répandre comme neige au soleil . Mine de rien, c'est comme ça qu'on fait face à la morosité, qu'on combat la crise, que sais-je, qu'on sécurise le Proche-Orient?
On a compris le potentiel que ce phénomène possède.
Certains l'ont d'ailleurs si bien compris qu'ils ont mis au point une forme d'escroquerie basée sur cet effet boule de neige, la "cavalerie".
Son principe est d'obtenir un prêt auprès d'une banque (ou autre bailleur de fonds) en simulant une opération commerciale.
L'escroc peut alors se servir de l'argent pour se présenter comme un client solvable d'un complice, qui, à son tour, pourra obtenir un prêt plus important, et ainsi de suite. Ainsi, les prêts successifs servent en partie à rembourser les emprunts antérieurs ainsi qu'à alimenter l'apparence de respectabilité et de solvabilité des escrocs.
Se basant sur cette méthode, Charles Ponzi a mis en place une opération immobilière frauduleuse, en Californie au début du 20ème siècle. Au départ anonyme, il devint millionnaire en six mois, en promettant un rendement de 50% en 90 jours en spéculant sur les International postal reply coupons (coupons-réponse internationaux). 40 000 personnes investirent 15 millions de dollars, un tiers seulement leur fut redistribué. Par la suite, on a donné son nom à cette forme d'escroquerie, on parle de chaîne/dynamique ou jeu de Ponzi.
Tant que de nouveaux clients sont attirés par les promesses financières, le système est viable. D'ailleurs l'aubaine est telle que les premiers clients reviennent souvent dans la chaîne.
La mise en place d'une chaîne nécessite, on l'aura compris, une bonne réputation, l'investisseur doit avoir l'impression que c'est un honneur, un privilège de pouvoir confier son argent à l'escroc.
Le jeu (nommons le ainsi, tout n'est donc pas ennuyeux et triste au royaume de la finance et de la crise) peut durer tant que les clients arrivent par nombre pair. Quand la chaîne est coupée, la boule de neige éclate contre le sapin (vous vous souvenez), les derniers investisseurs sont spoliés. Mais ceux qui ont quitté le jeu à temps, sont gagnants (surtout l'organisateur).
Voilà comment Bernard Madoff a procédé ruinant des millions de personnes dans le monde, des banques. Il est président fondateur d'une société d'investissements et très actif dans le NASD et le NASDAQ. La chaîne qu'il a créée et dans laquelle il promettait des retours sur investissements de 8 à 12%, aura duré 48 ans, de 1960 à la crise financière en 2008.
Peu de spécialistes se sont étonnés des performances fournies. Pourtant il n'y avait quasiment pas de retours négatifs sur de très longues périodes. Il lui aura suffit de jeter de la poudre(use) aux yeux : l'utilisation de modèles mathématiques financiers, des clients réputés, des postes élevés dans l'administration... "Bernie" jouissait ainsi d'un prestige important.
Avec la crise financière de 2008, beaucoup de ses clients voulu retirer leurs avoirs de sa société d'investissement et la chaîne s'est effondrée; les caisses étaient vides, ils avaient perdu tout leur argent.
Jules Renard, le bien nommé, a dit : "Comme la neige serait monotone si Dieu n'avait créé les corbeaux."
Je crois qu'il vaut mieux le prendre comme ça et éclater de rire dans le métro!
5.9.08
Sound of silence
7h du matin, premier coup de klaxon, un flot de voitures déboule, les éboueurs explosent les poubelles. J'allume la radio et file sous la douche. Un premier coup de téléphone puis mp3 dans les oreilles je cours prendre le bus. A la bourre. Jusqu'à ce soir, ça sera ça, peut être même que je m'endormirai devant un film, et honnêtement, j'aime ça, ma vie est bien pleine. Pleine de vie, pleine de mouvement, pleine de bruit. Mmmmh! Je crois qu'il y a une certaine dépendance à l'effervescence et la bousculade.
En vrai, le silence fait peur. Que redoute-t-on? De s'ennuyer? D'ennuyer les autres? De rater quelque chose? De ne pas être assez au courant? De se retrouver seul avec soi-même, face à soi même?
C'est vrai, parfois le silence est douloureux, il nous laisse trop réfléchir, bâtir des plans sur la comète ou imaginer les choses pires qu'elles ne sont.
C'est vrai le silence ressemble à du vide et le vide à un échec (la pression de réussir sa vie!!)
Mais il y a différentes façon de faire l’expérience du silence
(Je ne parle pas du silence comme élément de la (non) communication, mais plutôt comme moment.)
A la frontière du Chili avec l’Argentine et la Bolivie (oui, moi aussi j’ai dû sortir l’atlas) près de San Pedro de Atacama, s’étale un désert immense, formé de hauts plateaux (« altiplano ») qui commencent à une altitude de 2500 m et s’élève, s’élève toujours plus, sans que l’on ne s’en aperçoive. La haut, le paysage est lunaire, c’est comme si l’Homme n’était jamais venu, le ciel est pur, pas un nuage (c’est la région du monde où le ciel est le plus pur), le froid est perçant et le vent violent.
D'un seul coup, le vent tombe, et un silence total se fait.
Assise sur une pierre à 4800 m d'altitude, je me suis laissé envelopper. On se sent tout petit dans l'immensité. Et c'est doux comme un refuge. Pas de peur, pas de douleur, juste l'intime conviction d'être relié à l'univers infini et sentir la vie en soi, équilibrée et simple.
C'est, je pense, ce qu'on nomme la contemplation, chose de prime abord complètement inutile mais qui est, du moins l'ai-je ressenti ainsi, une source de bienfaits et d'inspiration. Il est d'ailleurs remarquable de voir combien d'artistes et écrivains ont écrit sur leur expérience et leur relation au silence.
Lao tseu l'a dit : La plus grande révélation, c'est le silence.

