11.12.12

L'adieu aux larmes

Ami, adieu
J'ai effacé tes mots
Cette planète rien qu'à nous deux
Ce petit monde si beau
J'aimais le retrouver comme on part en vacances
Tu le voulais comme une maison
Nous y avons construit des barbelés, des murs de défense,
Et nous nous y sommes querellés sans raison
Et un jour sans un bruit
Nous sommes partis
En rampant
Est ce toi, est ce moi, qui a fui le premier?
On ne sait plus, et ça compte même pas.
Maintenant nos mots ne disent plus rien
Ils ne créent plus
Ils sont creux et fragiles comme la porcelaine
Délicats et esthétiques, un geste malheureux
Et ils retournent poussière.
Ami rends moi mes secrets
Ne me retiens pas dans ce que j'étais
Ami, ce n'est plus moi
Ce n'est plus toi non plus
Bonne route mon ami
On a bien grandi

29.11.12

Dans mon placard

Il y a un monstre dans mon placard.
C'est un grand placard tout sombre. On ne sait pas tout ce qu'il y a dedans mais on peut bien s'y cacher.

Je ne sais pas si je le savais avant de l'ouvrir.
Mais longtemps je suis restée loin du placard. D'ailleurs il n'existait pas, na.

Un jour j'ai commencé à l'observer de loin, avec un petit air supérieur.
Il était ouvert, c'est pas très prudent ça.

Juste un coup d’œil.

Mais il est tout mignon ce petit monstre.
Juste un petit câlin, on discute juste un petit peu, c'est sympa.

Je suis retournée le voir le lendemain, et le jour d'après, et le suivant.
Je restais de plus en plus longtemps avec lui.
Je ne savais pas son nom mais c'est pas grave ça, on passait des moments fous tous les deux. Et je me sentais libre, j'en voulais plus, plus, plus, toujours plus.
Lui, il connaissait tout de moi. Même des choses que je ne savais pas, même des choses que je ne comprends pas.

Notre amitié grandissait.
Lui aussi d'ailleurs, j'ai dû l'installer avec moi dans ma chambre.
Et le laisser sortir avec moi.

Il est devenu tellement grand et moi bizarrement tellement petite.
Maintenant je me perdais dans sa douce fourrure et souvent j'étais tellement faible qu'il devait me porter et me bercer.

Mes amis ne pouvaient pas le voir. Tant mieux. Je commençais à deviner qui il était et j'avais peur qu'on le reconnaisse. Moi non plus je ne voulais pas le reconnaitre.
A force de passer du temps avec lui, je changeais, plus rien n'importait, que lui. Je souffrais mais le monstre me réconfortait. Pourtant il commençait à m'horrifier. Il était énorme, dramatique et tyrannique.
Je ne voulais pas qu'on me voit avec lui ; c'est pas parce que je suis toujours avec lui que je suis comme lui. J'ai fui loin de mes amis, de ma famille, et de ce garçon important.
Ils ne voyaient rien, ils ne comprenaient rien, et pourtant je voyais le reflet du monstre dans leurs yeux quand ils me regardaient. Ça me donnait la nausée.

Je suis devenue une ombre, un pâle fantôme blessé et terrifié qui cherchait les coins sombres et le silence. Le monstre hurlait jour et nuit maintenant et je me recroquevillais sur ma douleur, les mains pressées sur mes oreilles. Je savais que bientôt il allait m'engloutir. Bientôt, bientôt. J'avais hâte.
Mais il prenait son temps, me laissant me consumer à point. Je grelottais du froid qui glaçait mes veines.

Un rayon de soleil s'est glissé malicieusement jusque dans mon coin. Il a mis un petit rire dans mon cœur et la chaleur a commencé à revenir dans mes membres ankylosés. Je me suis levée sur mes jambes tremblantes. J'étais seule, fragile comme une feuille d'automne, mais j'ai serré les poings et j'ai défoncé la mâchoire du monstre.
Ça l'a chatouillé - il a ri.

Mais j'ai recommencé, tous les jours, de plus en plus fort, avec la rage de l'espoir. Le monstre avait les yeux au beurre noir, il lui manquait des dents et des touffes de poils par ci par là. Et j'ai continué. Des fois je n'arrivais pas à éviter ses coups, et je me retrouvais sonnée, écrasée sur un mur. Mais je me relevais et j'attaquais à nouveau. Malgré ses coups, malgré ses cris, malgré la fatigue, je reprenais du poil de la bête - c'est le cas de le dire - et lui rapetissait. Il faiblissait à vue d’œil.


Bientôt il est redevenu une peluche adorable. Je l'ai jeté à la poubelle. Il est revenu par la porte de derrière. Je l'ai jeté par la fenêtre, il est remonté par l'escalier de secours.

Alors peut-être que je ne peux pas m'en débarrasser. En attendant, je l'ai rangé dans le placard et j'ai fermé le placard à clé.
La clé est tout le temps dans ma poche, lourde et dure. Je ne vais pas la perdre, pas la jeter, ça c'est sûr. Parce que parfois j'ouvre le placard. Quand même, j'ai toujours de l'affection pour mon monstre. Parfois je le laisse me parler. Parfois il réussit à me toucher, parfois j'entre et je lui fais un câlin. Maintenant, je connais son nom et certaines personnes savent qu'il est là quelque part. Et pour pas qu'ils pensent que je suis comme le monstre je ressors et je leur fais un câlin.

16.11.12

La muse

Ma muse
S'amuse
Elle sort elle use
De tout elle abuse
Ma muse 
M'amuse
Mon cœur se désabuse
Et se refuse
Mon âme percluse
La récuse

Est ce une ruse
Ma muse confuse
S'excuse

Ma muse s'use
Ma muse m'use
Mais moi j'infuse
Et l'encre fuse 
Sur nos amours diffuses

Ma muse
Ma muse
Ma triple buse

7.11.12

Mon précieux

Hier soir dans un bar avec une amie à moi et une amie de mon frère, (également présent mais on s’en moque, d’ailleurs ce n’était pas son amie, tous les personnages sont utilisés à des fins purement grammatico-démonstratives).

Donc hier soir, avec une amie de moi et une amie à mon frère. Non, une amie à moi et une amie à mon frère. Et déjà quelqu’un élève la voix pour parler de fille de joie et de sa descendance.

C’est bien une préoccupation de capitaliste en crise ces questions de marque d’appartenance. Pas de travail, un pouvoir d’achat en berne, il manquerait plus qu’on soit célibataires et on commencerait à vouloir s’approprier des amis.

Alors quoi, le fils DE sa maman ? Le fils A sa maman ? On est tous d’accord sur ce point. (Ça veut dire que je ne donnerai pas la réponse). Mais alors donc, mathématiquement, une amie DE moi ?

La règle est simple et on va pas tourner autour du pot aux roses.
Normalement, c’est la préposition « à » qui marque l’appartenance après un verbe : l’amie appartient au frère (de moi le mien). De même, on l’emploie devant un pronom seul : une amie à lui, ou pour reprendre un possessif : c’est son amie à lui (au cas où on aurait pas bien compris qu’il me l’a piquée pour l’exercice).

PAR CONTRE (on a failli attendre), on ne peut pas utiliser « à » (prép. On ne le répétera jamais assez) entre deux noms. On dira : l’amie DE Marie, la sœur du frère.

Cependant, l’emploi de la préposition « à » est conservé dans des locutions figées, « la bête à Bon Dieu » ainsi que dans des registres familiers. (Fils à pute alors ?)

Mais pourquoi me direz vous ? Pourquoi certaines formes d’usage dans l’ancienne langue sont-elles devenues archaïques voire incorrectes ?

C’est là que l’Ancien Régime rattrape le capitalisme susmentionné.
En effet, en ancien français, l’appartenance pouvait être exprimée de trois façons :
  • En cas de Dieu ou de Souverain on utilisait la juxtaposition : la Chaise-Dieu, Marly-le-Roi
  • Pour les nobles, on se servait de la préposition « de ».
  • Enfin pour le peuple (qui a dit gueux ?) et les animaux, on utilisait « à » (prép.)

On est pas des rustres je suppose, donc on a abandonné cette dernière pratique. Pour ma part, je crois que je vais éviter toute préposition devant mon prénom dorénavant. A bon entendeur.

18.3.11

Flageolet


Et voilà un mot international!

En anglais : flageolet
En allemand : Flageolett



Je sens que la genèse de cette article vous titille.

C'est que, si je ne suis pas encore prête à parler de l'Australie, je peux enfin donner un retour d'expérience de Berlin.
Imaginez mon étonnement, teinté d'indignation, quand, à l'orchestre, on me demande de jouer un flageolet (ein Flageolett bitte). J'avoue que la première chose qui me soit passée par l'esprit est "tire mon doigt". Le monde comme un village s'occupe toujours de nous divertir et de nous procurer de grands moments (de solitude), j'aurais dû le garder à l'esprit. Toujours est-il que ce qui était demandé était une harmonique. Pour les non-initiés, il s'agit d'une note jouée en effleurant la corde avec un doigt de la main gauche au lieu de le presser complètement. Ce qui permet de faire ressortir les harmoniques donc, qui sont les sons coexistant au son principal. Je ne m'étendrai pas dessus, l'important ici est de savoir que ce son produit ressemble à celui d'une flûte traversière (ça n'engage que moi mais ça m'aide dans ma démonstration).

Et c'est là que ça devient intéressant. Pourquoi un flageolet? Revenons à la base voulez-vous?
En ancien français "flageol" signifie la flûte et découle directement du latin "flabra", le "souffle". C'est la que la méconnaissance de la langue française ainsi que le purisme allemand me frappent un grand coup : le terme flageolet désigne une famille de flûtes à conduit... oui ces ignoble flûtes à bec qu'on avait au collège par exemple.

La vraie question à laquelle je propose de ne pas répondre pour ne pas incommoder les voisins, c'est comment on en est arrivé à nommer un haricot sec de cette façon.

30.3.10

Nous y voilà. L'avion a effectué son long périple et nous sommes arrivées un matin, ou était-ce une nuit? C'était une nuit bien vu. Comme la plupart des journées qui ont suivies d'ailleurs. On a eu besoin d'un petit réajustement de neuf heures; il a fallu remplacer le bol de céréales par le steak kangourou, la douche du matin par la douche de l'après midi, le bisou d'avant dormir, par le bisou du réveil ( et Dieu sait si ça en change la texture) et la blague du jour par la blague de la nuit.

Voilà pour le changement de dimension temporelle.

Dans le même temps, il nous a fallu affronter le changement de dimension spatiale.

La problématique se définit comme suit: la gauche australienne, c'est la droite européenne (à l'exclusion de quelques régions qui résistent encore et toujours...)

Mettons nous en situation : Je sors de l'auberge. Pour aller au Coles (le super U local), je dois traverser la rue. Je regarde à gauche, donc à droite, puis à droite, donc à gauche et c'est parti. J'ai oublié le paramètre "feu rouge" et manque passer sous un bus qui vient de la droite, de la gauche?

Je monte les escaliers (la montée des marches vers la pitance) et croise un heureux consommateur chargé de sacs de victuailles. Je m'efface poliment à droite... nous voilà coincés dans l'escalier. Un pas sur la gauche et l'ascension reprend.

Je rentre dans le Coles, prend mon panier à gauche, me dirige gaillardement à droite pour rentrer dans les rayons proprement dit. Rien là. L'entrée est.... Les rayons s'étalent de la gauche vers la droite, c'est quand même pas compliqué. La corvée achevée, je survis à un autre bus, je commence à avoir le mal de mer. Direction les toilettes... Enfin un havre de paix. Juste le mur, la cuvette et moi. Je commence à reprendre mes esprits. Tire la chasse... erreur fatale, le tourbillon inverse au fond de la cuvette me donne le coup de grâce, je vais me coucher, il est 4h de l'après midi.

Passons à la dimension humaine.

Il se trouve qu'ici, en Australie, il n'y a pas d'Australien. Seulement des allemands, des danois, des norvégiens, suédois, sud africains, québécois, canadiens, allemands, français, italiens, mexicains, espagnols, irlandais, anglais, écossais, hollandais, allemands, américains, français, coréens, allemands, français...

Vous avez l'impression que je me répète? Moi aussi :)

Il y a tellement d'Allemands ici que pour les six prochains mois, l'ambassade ne leur délivre plus de visas.
Quant aux Français... on en oublierait presque où on est parfois. Le plus dur ici est de rencontrer des Australiens. Façon de parler, car ils sont à l'image de leur pays, très accueillants et ouverts à la discussion, encore faut il les comprendre... Il faut reconnaître qu'il est plus facile d'avoir une discussion en anglais avec une personne d'une autre nationalite car les australiens ont un accent tres fort et mangent leurs mots, quand ils n'en ont pas des totalement differents de l'anglais "de base".

Un petit exemple?
Aussie : (prononcer ozzie) : australien
G'day : bonjour
Heaps : beaucoup "I earn heaps of money (on peut bien rever)"
Mate : pote, ami
No worries : pas ed proble;e "no worries mate!" (c'est bon vous vous fondez deja dans le paysage)
Down under : Australie et Nouvelle Zelande
Vedgies : Vegetables : legumes
VB : Victoria Bitters : marque de biere fabriquee dans l'eat de Victoria (et accessoirement notre preferee)

Enfin, et ca veut dire que c'est la fin de l'article, il nous a fallu nous confronter a la faune et la flore des alentours. La flore est sympa, des palmiers, des trucs avec des boules rouges, des arbres avec des troncs bizarres, des choses avec des longs fils qui pendent... tres exotique, on se sent tout de suite a l'autre bout du monde.

La faune est parfois moins engageante. Certes, il y a les ibis. Comme toutes touristes respectables, on a commence par les photographier sous toutes les coutures, avant de se rendre compte qu'ils ne sont ni plus ni moins que l'equivalent des pigeons europeens.
On a vu des kangourous (ils sont meme en liberte a l'universite de la sunshine coast ou nous sommes alle voir Julie, vous ne la connaissez pas mais je vous en parle quand meme), les koalas au koala sanctuary.... faut pas s'y fier, ce sont des etres rageurs et violents. On nous a encore vendu un mythe avec les petites peluces vivantes...
En fait, on a vu toutes sortes d'animaux au koala sanctuary, on pourrait limite rentrer en Europe. Mais on va essayer de nous y frotter en liberte, ca pimentera la chose. Les prochains qu'on devrait voirm ce sont les dingos, des especes de grands chiens pas completement sympas, quand nous irons a Fraser Island.

Mais c'est une autre histoire, je la raconterai quand elle se sera passee.

See ya!

Oui je sais, la fin est un peu abrupte, en meme temps, 4 mois apres notre arrivee, j'ai du mal a ecrire comme si j'etais encore etonnee... (A ma decharge, ca fait plus de 2 mois que je n'avais pas internet). Voila, et comme ca je vous devoile un peu que les choses s'arrangent dans les prochains episodes, avant de se reaggraver.

31.1.10

5... 4... 3... 2....1...

Bonne année!!! (Ben quoi j'ai encore le droit)

Merci, messieurs, l'année 2009 c'était très bien ! C'était très bien ! [applaudissements]
Vous, c'était bien, là-bas, M. Obama. Vous, M. Sarkozi c'était... comme-ci, comme-ça.

Dites-moi, vous, à gauche on ne vous a pas entendus. On ne vous entend jamais ! Vous n'arrêtez pas de bavarder ! Faites attention, faites très attention, hein!

Ecoutez, j'ai une conception personnelle de l'ouvrage. Ce n'est pas assez triomphal, pas assez orgueilleux ! De l'orgueil, bon sang ! La crise! Enfin ! Gnignignigni... C'est de la bouillie, tout ça ! C'était pas mauvais, c'était très mauvais, voilà ! Exactement ! Alors, reprenons. 2010. Hop ! Allons.




Le millésime 2009 n'a pas été très propice à ce blog. La conjoncture probablement. Mais ça va changer. (Non ce n'est pas une bonne résolution de joyeuse nouvelle année. Parce que si c'est ça, ça marche pas, c'est bien connu)

Une nouvelle problématique s'offre à moi et je compte vous en faire part au fur et à mesure.
Elle se déclinera comme suit:

L'Australie c'est à l'autre bout de la Terre, c'est quoi le premier bout?
On peut jouer 29h à cache cache dans un avion?
Y a un truc de grand-mère pour vaincre le mal de mer, et à défaut, peut on inverser la rotation de l'eau au fond des toilettes?
Doit on s'inquiéter de la présence de kangourous roux? (c'est un peu redondant ça)
Est ce que les cheveux poussent plus vite la tête en bas? Et, question angoissante, peuvent ils pousser à l'intérieur à force de Foster?
Last but not least (faut que je m'y mette un peu), l'anglais ça marche vraiment avec une patate chaude dans la bouche? avec de la Vegemite?
En conclusion, je laisse la parole à Barney Stinson : It's gonna be legend....